POUVOIR D'ACHATENERGIE

Pour la mise en place d’un fonds de solidarité énergie

Les Engagé.e.s | 01 Avr. 2021

Opposer « fin du monde » et « fin du mois » est une erreur qui a été le déclencheur de la crise des gilets jaunes. Il faut donc concilier les enjeux écologiques et les enjeux de pouvoir d’achat.

1. Le prix de l’énergie pose des difficultés naturelles aux plus modestes

Nous avons fait le choix en France d’une fiscalité incitative, au travers de la contribution climat-énergie (CCE ou taxe carbone) depuis 2014, qui s’applique notamment sur les carburants polluants. Elle est nécessaire à notre transition énergétique et elle doit inciter les plus aisés et ceux qui ont le choix à se reporter sur d’autres modes de transport (enjeu de report modal) dès que c’est possible.

Dans les premières années de mise en place de la taxe carbone, les hausses de 2 à 3 centimes par litre du prix TTC à la pompe à chaque 1er janvier étaient plus que largement absorbées par la baisse du prix du baril. Ainsi entre décembre 2014 et décembre 2015, le prix TTC d’un litre de gazole a diminué de 17 cts€. Celui de SP95 a diminué de 9 cts€/l, ce qui a plus que largement absorbé les hausses de fiscalité.

Mais ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui : hausse de 9 cts€/l depuis le début de l’année (soit 5 euros de plus par plein) : le litre d’essence TTC atteint 1,62€. 84% de cette hausse est due au prix des matières premières.

Il faut donc trouver un moyen de limiter la facture énergétique des plus modestes, en particulier tous ceux qui, vivant en dehors des agglomérations, n’ont d’autre choix que d’utiliser leur voiture pour aller travailler.

La transition énergétique ne doit pas se faire au détriment des plus pauvres. C’est pourquoi, il faut contrairement à des mesures au coup par coup comme « l’indemnité inflation » annoncée en octobre (prime de 100 euros qui sera versée en partie en décembre mais pour beaucoup de nos concitoyens seulement en janvier ou février, pour 38 millions de foyers), une réponse solidaire, juste et pérenne.

 

2. Les Engagés proposent la mise en place d’un fonds de solidarité

Les Engagés proposent la mise en place d’un fonds de solidarité carburant alimenté par une part de la fiscalité énergétique prélevée chaque année (par exemple une fraction du produit de la TICPE pouvant aller jusqu’à ¼ soit 5 Md€/an) qui permettra en cas de hausse des énergies fossiles, de réagir tout de suite et d’attribuer des tickets carburants à nos concitoyens les plus modestes et qui ont besoin de leur véhicule.

Prenons un exemple simple : Deux années de prix normal du baril permettraient de disposer d’une réserve de 10 Md€, soit la possibilité de verser une prime trois fois supérieure à celle annoncée par le Gouvernement.

 

Reste bien sûr qu’à moyen terme la meilleure manière pour les utilisateurs de véhicules automobiles sera d’opter pour la motorisation électrique dont la fourniture d’électricité au tarif réglementé restera insensible aux hausses de prix de l’essence ! Outre les primes à l’achat qui seront maintenues, voire augmentées, l’attribution de 100.000 emplacements de parking équipés de bornes de recharge gratuite pour une mobilité de 50 km/jour favorisera l’accès à ce mode de transport.

Les Engagé.e.s

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